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Découverte de la Pointe Nord-est du Jbel Zalagh en région de Fès

L’accès de la pointe Nord-est du Jbel Zalagh est un peu plus difficile : depuis la ville de Fès, 10 kilomètres de route, 5 kilomètres de piste et avec de bonnes chaussures, quelques dizaines de minutes de marche. Sur le versant ouest, en pente douce, s’étendent d’innombrables oliveraies où l’on voit les fermes basses bâties en pisé éparpillées parmi les oliviers. On est dans le pays Hamma, du nom d’une source chaude à l’eau sulfurée.

Presque au sommet, se trouve un douar (hameau). Nous poursuivons notre ascension. Le versant Est abrupte et aride, malgré cela, des plantes s’entêtent à fleurir. Voici de la lavande sauvage : elle sert à parfumer le pain et l’huile d’olive. Ceci est une autre plante que l’on distille pour soulager les fièvres des bébés ou que l’on mâche pour calmer les gencives douloureuses. Un pied de câpre est agrippé à la falaise. Les plantes ici sont comme les habitants : elles se satisfont de peu, accrochées à leur terre et tellement attachantes.

Une falaise marquée d’un rond blanc que l’on voit de très loin. C’est une Khaloua, ‘représentation locale’ en quelque sorte. Cette traduction n’est pas très orthodoxe mais explicite. Cet endroit est dédié à un saint de la Médina : Moulay Abdelkader Djilali. Ses fidèles viennent ici l’honorer en pèlerinage.
Nous redescendons en flânant vers les oliviers. Là, ces trous dans le sol sont des Matmoura : des greniers dans lesquels les paysans enterraient leurs récoltes et leurs trésors pour les soustraire aux pillards. Voici un petit terrain de football aménagé par les enfants du douar sur les fondations d’une ancienne maison. Ce passage sur la crête était emprunté par les troupeaux de moutons que l’on éloignait des cultures céréalières au printemps pour les emmener paître sur le versant Est.
Le jour décline, nous aurions aussi pu voir des grottes et un passage souterrain qui mène de l’autre côté de la vallée en passant sous l’oued Sebou …
Nous revenons vers le douar. Nous apprenons que l’Etat marocain a installé des panneaux solaires sur les maisons et les loue pour une somme mensuelle modique. L’eau aussi a été amenée jusqu’au sommet : un compteur général est installé près de la fontaine. Une personne est chargée de contrôler la consommation de chaque foyer pour répartir proportionnellement le paiement de la facture globale.
Nous longeons le douar, les habitants nous ont invités à partager leur dîner, nous remercions car la nuit tombe et il nous reste encore quelques centaines de mètres avant de rejoindre notre voiture. C’est promis, nous reviendrons car nous avons retrouvé là la simple hospitalité marocaine et nous avons tant de choses à découvrir.

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